Condorcet
(1743 1794) un humaniste dans la tourmente de la Révolution
«
Conservons par la sagesse ce que nous avons acquis par l’enthousiasme
»
Né le 17 septembre 1743 à Ribemont, en
Picardie, le marquis de Condorcet était à la veille de
la Révolution, un homme comblé, occupant une situation
sociale privilégiée.
Génie précoce en Mathématiques,
il publie à 19 ans, un essai sur le calcul intégral. A
26 ans, il entre à l’Académie des Sciences dont
il deviendra le secrétaire perpétuel. Marquant le plus
vif intérêt pour les problèmes de société,
c’est dans le domaine de l’économie politique que
son oeuvre sera la plus importante.
Ami de d’Alembert et de Voltaire, il collabore
à l’Encyclopédie. Il est lié aux plus brillants
esprits de l’Europe des Lumières. Sa femme, Sophie de Grouchy,
crée un salon où se côtoient savants, philosophes
et écrivains.
Humaniste, philanthrope, Condorcet pense que le développement
des sciences et des techniques apportera plus de bonheur au genre humain.
Il est convaincu que l’instruction fera reculer les préjugés
et les inégalités. Il travaille auprès de Turgot
pour faire évoluer la société d’ancien régime
mais celui-ci se ra désavoué…
Dès l’annonce de la réunion des
Etats Généraux, Condorcet multiplie les écrits
pour sensibiliser les esprits aux élections. Trop proche du Tiers
Etat, il est écarté par la noblesse, d’ origine
aristocratique, il est rejeté par ce même Tiers Etat !
Il est néanmoins élu à l’Assemblée
Législative puis à la Convention. Engagé aux côtés
des Girondins, il se heurte à Robespierre qui deviendra son principal
ennemi.
Le 8 juillet 1793, menacé d’arrestation,
Condorcet doit fuir. Il trouve refuge au 21 rue des fossoyeurs à
Paris, chez Madame Vernet. Il rédige alors son œuvre majeure
: «Esquisse de l’esprit humain ». Craignant de compromettre
sa logeuse, Condorcet se réfugie chez des amis à Fontenay
aux Roses, les Suard. Rejeté, il échoue à Clamart
où il est arrêté. Il est emprisonné à
Bourg Egalité (Bourg-la-Reine), district du directoire de l’Egalité.
Il meurt le lendemain, le 29 mars 1794. Sa dépouille sera jetée
dans la fosse commune du cimetière communal, aujourd’hui
disparu.
Transférées en grandes pompes au Panthéon
en 1989, ses « cendres » se résumaient à une
urne vide !
« Les amis de la vérité sont ceux
qui la cherchent, et non ceux qui se vantent de l’avoir trouvée
»
Philippe CHAPLAIN
Chaplainph@wanadoo.fr
Bibliographie
1765 : Du calcul intégral.
1767 : Du problème des trois corps.
1768 : Essais d'analyse.
1773 : Éloges des académiciens de l'Académie
royale des sciences morts depuis l'an 1666 jusqu'en 1699.
1774 : Lettres d'un théologien à l'auteur
du Dictionnaire des trois siècles.
1775 : Publication d'une série de brochures
en faveur des réformes économiques de Turgot. Lettre d'un
laboureur de Picardie à M. N. (Necker) auteur prohibitif à
Paris. - Réflexions sur les corvées. Monopole et monopoleur.
- Rapport sur un projet de réformateur du cadastre. -Réflexions
sur la jurisprudence universelle.
1776 : Nombreux Éloges de savants français
et étrangers, en tant que secrétaire perpétuel
de l'Académie des sciences. Réflexions sur le commerce
des blés. - Pensées de Pascal, édition corrigée
et augmentée. Éloge de Pascal.
1776-1777 : Contribution au Supplément de l'Encyclopédie
(22 articles sur l'analyse mathématique).
1777 : Éloge de Michel de l'Hôpital.
1778 : Sur quelques séries infinies. - Nouvelles
Expériences sur la résistance des fluides (en collaboration
avec d'Alembert et Bossut).
1780 : Essai sur la théorie des comètes.
1781-1784 : Mémoire sur le calcul des probabilités,
in Mémoires de l'Académie royale des sciences. I. Réflexions
sur la règle générale qui prescrit de prendre pour
valeur d'un événement incertain la probabilité
de cet événement multipliée par la valeur de cet
événement en lui-même (1781); II. Application de
l'analyse à cette question: déterminer la probabilité
qu'un arrangement régulier est l'effet d'une intention de le
produire; III. Sur l'évaluation des droits éventuels (1782);
IV. Réflexions sur la méthode de déterminer la
probabilité des événements futurs d'après
l'observation des événements passés (1783); V.
Sur la probabilité des faits extraordinaires. Application de
l'article précédent à quelques questions de critique
(1784). Avec cette série Condorcet s'intéresse désormais
de façon prépondérante au calcul des probabilités
et à ses applications dans l'étude des événements
humains.
Réflexions sur l'esclavage des nègres.
1782 : Discours de réception à l'Académie
française prononcé le 21 février. Lettre sur Swedenborg.
1783 : Dialogue entre Aristippe et Diogéne.
1783-1788 : Essai pour connaître la population
du royaume.
1784-1789 : Collaboration, avec d'Alembert, Bossut,
Lalande, etc., à la partie Mathématiques de l'Encyclopédie
méthodique.
1785 : Essai sur l'application de l'analyse à
la probabilité des décisions rendues à la pluralité
des voix.
1785-1789 : Oeuvres complètes de Voltaire, éditées
par Condorcet, Beaumarchais, etc. (édition de Kehl). - Vie de
Voltaire.
1786 : Vie de Turgot. - De l'influence de la révolution
d'Amérique sur l'Europe. -Traité de calcul intégral
(inachevé).
1788 : Lettres d'un bourgeois de New Haven à
un citoyen de Virginie, sur l'inutilité de partager le pouvoir
législatif entre plusieurs corps. - Lettres d'un citoyen des
États-Unis à un Français, sur les affaires présentes
de la France. - Essai sur la constitution et les fonctions des assemblées
provinciales.
1789 : Principaux écrits : Réflexions
sur les pouvoirs et instructions à donner par les provinces à
leurs députés aux États généraux.
Sur la forme des élections. - Réflexions sur ce qui a
été fait et sur ce qui reste à faire. - Au corps
électoral sur Esclavage des Noirs. - Déclaration des droits.
-Éloge de M. Turgot.
1790 : Principaux écrits : Dissertation philosophique
et politique sur cette question: s'il est utile aux hommes d'être
trompés? - Opinion sur les émigrants. - Sur le mot «
pamphlétaire ». - Le Véritable et le Faux Ami du
peuple. - Sur l'admission des femmes au droit de cité.
1791 : Principaux écrits et discours : De la
République, ou Un roi est-il nécessaire à la conservation
de la liberté ? - Discours sur les conventions nationales.
1792 : Principaux écrits et discours : Cinq
Mémoires sur l'instruction publique (1791-1792). -Discours sur
les finances. - Sur la liberté de la circulation des subsistances.
- La République française aux hommes libres. - Ce que
c'est qu'un cultivateur ou un artisan français. - Sur la nécessité
de l'union entre les citoyens. - De la nature des pouvoirs politiques
dans une nation libre.
1793 : Principaux écrits et discours: Sur la
nécessité d'établir en France une constitution
nouvelle. - Ce que les citoyens ont droit d'attendre de leurs représentants.
- Que toutes les classes de la société n'ont qu'un même
intérêt. - Sur le sens du mot Révolutionnaire. -
Tableau général de la science qui a pour objet l'application
du calcul aux sciences politiques et morales.
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